La littérature allemande

La littérature allemande

La littérature allemande regroupe l’ensemble des œuvres littéraires écrit en allemand et ne cesse d’évoluer depuis le Moyen Âge.
Nous verrons les caractéristiques des différents courants de la littérature allemande depuis le 13 éme siècle.

La littérature au Moyen Âge

La littérature allemande c’est implantée au debut du 13 éme siècle dans l’épopée populaire, elle produit des ouvres dont deux grandes oeuvres dont les auteurs sont inconnus : la Chanson des Nibelungen et Gudrun.

Vers le milieu du 13ieme siècle, la littérature chevaleresque s’efface devant la littérature bourgeoise des maîtres chanteurs.

De la renaissance au Sturm und Drang

Les débuts de l’époque moderne sont marqués, pour l’Allemagne, par un drame au moment où la Renaissance se développe en Italie et en France, la Réforme absorbe les forces spirituelles des humanistes. Luther traduit la Bible et crée l’allemand moderne. Ensuite, les écrivains s’orientent vers un réalisme qu’illustrent les noms de Hans Sachs et Johann Fischart. Mais, dans la seconde moitié du 16ieme siècle , la Contre-réforme s’efforce de reconquérir les foules au moyen d’un art et d’une littérature « baroques ».

Le 17ieme siècle se partage entre les écrits théosophiques de Jakob Böhme, publié à partir de 1610, le symbolisme lyrique de Friedrich Spee, le mysticisme d’Angelus Silesius et l’ironie picaresque des romans de Christoph von Grimmelshausen.

Vers 1680, la littérature de langue allemande commence à l’emporter nettement sur la littérature de langue latine. Elle subit des influences extérieures, d’abord celle de la France, puis celle de l’Angleterre et enfin la Suisse.

De cette double influence naît  la philosophie des Lumières, aussi appelé  l’« Aufklärung » qui s’incarne surtout dans l’œuvre de Gotthold Ephraim Lessing. Pour aider la littérature allemande à devenir majeure et autonome, il préféra aux Français l’exemple de Shakespeare. Son contemporain Christoph Martin Wieland, influencé à la fois par les Anciens, par les Français et par Shakespeare, apparaît comme un précurseur du classicisme. À côté d’eux, et jetant sur eux un regard critique, le moraliste caustique Georg Christoph Lichtenberg est un maître de la prose allemande.

Du Sturm und Drang au classicisme

Vers 1770 éclate une révolution littéraire. Son initiateur: Johann Georg Hamann, que l’on appela le “Mage du Nord”.

Mais, dès 1775, le « Sturm und Drang » s’assagit. Depuis que Johann Joachim Winckelmann a glorifié l’art grec, l’Antiquité supplante peu à peu Shakespeare et oriente vers le classicisme Karl Philipp Moritz, Wilhelm Heinse, Wilhelm von Humboldt et surtout Goethe. L’enthousiasme pour la Grèce qui anime tous les écrivains se concilie avec la notion de progrès répandue par la philosophie des Lumières et par Herder, et se combine avec la notion de la Bildung, qui implique à la fois culture et formation. Mais ce rêve commun de régénération humaine est vécu sur le mode du paradis perdu par le plus grand lyrique de l’époque: Friedrich Hölderlin.

Le romantisme

le mouvement romantique se développe en 1790  qui a sa base idéologique dans la Théorie de la science (1794), de Johann Gottlieb Fichte.

La première école romantique se compose de véritables couples littéraires : l’ironiste Ludwig Tieck, converti à la religion de l’art par Wilhelm Heinrich Wackenroder ; August Wilhelm von Schlegel, critique et traducteur, qui fit presque de Shakespeare un auteur allemand, et Friedrich von Schlegel, le théoricien du romantisme.

Au début du 19 éme siècle, le premier romantisme se désagrège. Il donne naissance à deux groupes : le romantisme de Heidelberg (Clemens Brentano, Achim von Arnim, Johan Joseph von Görres, les frères Grimm) et le romantisme de Berlin (La Motte-Fouqué, E.T.A. Hoffmann, Chamisso).
C’est à cette époque que le romantisme connaît son expression dramatique avec l’enthousiasme déçu de Heinrich von Kleist, l’inspiration religieuse et populaire de Zacharias Werner, le drame noir (Müllner, Houwald) qui vulgarise la fatalité.

De la jeune Allemagne à Bismarck

Le mouvement de la Jeune Allemagne s’éloigne des rêves romantiques et introduit dans la littérature la politique et la polémique avec Ernst Moritz Arndt, Heinrich Heine, Ludwig Börne, Karl Gutzkow, Heinrich Laube, tandis que la révolte touche au plus profond de l’être avec Christian Dietrich Grabbe, Georg Büchner et Nikolaus Lenau.

Si le mouvement de la Jeune Allemagne ne dure que peu de temps, il est prolongé par une esthétique de compromis: le réalisme poétique avec des poèmes intimistes, ironiques ou régionalistes. Ce réalisme, se développe dans la seconde moitié du 19 éme siècle, avec Gustav Freytag, Paul Heyse, Wilhelm Raabe, Theodor Fontane, s’épanouit dans le naturalisme conséquent.

De l’impressionisme à l’expressionisme

L’impressionnisme psychologique marque également les débuts de romanciers des frèresMann et de Hermann Hesse, tandis que se dispersent des courants « néoromantiques », symbolistes ou « cosmiques ».

Vers 1910 se manifeste une école nouvelle, l’expressionnisme. D’abord cri d’angoisse et de révolte de poètes devant la violence et l’éclatement de la civilisation européenne, l’expressionnisme s’impose principalement au théâtre et inspire certaines recherches romanesques de Kasimir Edschmid et d’Alfred Döblin.

Mais l’expressionnisme perd nombre de ses représentants dans la Première Guerre mondiale et cède le pas à un nouveau réalisme: la Nouvelle Objectivité. La guerre inspire réflexions, interrogations et condamnation.

L’écrivain devient donc à cette époque l’observateur d’un monde décadent, un moraliste en quête de valeurs nouvelles, et il aspire à une communauté politique.

Nazisme et litterature

Contre le bolchevisme intellectuel et l’art dégénéré qu’il fustige, Hitler proclame le sang et la race comme sources de l’intuition artistique. Les écrivains n’ont plus, selon l’expression de Günther Weisenborn, que trois solutions : la résistance, l’exil, la trahison.

Pour ceux qui résistent, l’aventure se termine dans le silence ou la prison. 250 écrivains choisissent d’émigrer : pour beaucoup cet exil sera définitif et, parfois, s’achèvera en suicide. En octobre 1933, 88 écrivains proclament dans un manifeste leur fidélité à Hitler. La littérature nationale-socialiste ressasse les vieux mythes germaniques ou s’efforce d’illustrer les thèmes de la doctrine officielle (antisémitisme, antibolchevisme, génie du Führer).

De l’Allemagne vaincu à l’Allemagne déchirée

En 1945, dans l’Allemagne ruinée, c’est d’abord le silence chez les écrivains. La seule littérature reçue est celle des résistants au régime hitlérien et des exilés. Entre les exilés et ceux qui ont choisi l’émigration intérieure existe un malaise, parfois même une hostilité.

La vie littéraire va se réorganiser selon la double exigence de simplicité et de liberté. Rejetant toute forme d’organisation, de jeunes écrivains, qui collaborent à la revue Der Ruf (l’Appel), interdite par les Alliés en 1947, entreprennent de « faire table rase » et de donner de nouvelles bases à la littérature allemande. Ainsi naît, à l’appel de Hans Werner Richter et d’Alfred Andersch, le Groupe 47, qui réunit trois jours par an, dans une ville d’Allemagne, des écrivains allemands, autrichiens et suisses d’expression allemande.

En 1945 est fondée l’ Association culturelle pour le renouveau démocratique en Allemagne (Kulturbund) qui trace une ligne politique, et accorde aux écrivains des avantages matériels et une certaine liberté d’expression. En 1949, dès la création de la République démocratique allemande (RDA), le régime engage une violente campagne contre le « formalisme » dans l’art et la littérature.

Litterature de la RDA

En mai 1951, le réalisme socialiste est imposé comme doctrine artistique. Tandis qu’à l’Ouest se développe la réflexion sur la défaite et la culpabilité de l’Allemagne, à l’Est on ne veut croire qu’à l’Allemagne nouvelle. La censure s’exerce aussi bien sur les pièces de Brecht que sur les romans d’Arnold Zweig et Ludwig Renn.

Avec la répression de la révolte ouvrière de juin 1953, puis du soulèvement hongrois, la tolérance en matière littéraire disparaît. Pour compenser une nouvelle vague d’émigration à l’Ouest (Alfred Kantorowicz, Heinar Kipphardt, Uwe Johnson), les ouvriers, les paysans et les soldats sont invités à assurer la production littéraire (conférence de Bitterfeld, avril 1959).

Pourtant, dans les années 1960, les écrivains de la RDA reviennent sur les conflits entraînés par l’édification de la nouvelle société. Une nouvelle génération d’écrivains tente de critiquer le dogmatisme officiel ; il ne s’agit que d’une critique à l’intérieur du socialisme, qui ne met pas le régime en cause. On voit apparaître des personnages qui ne sont plus d’une seule pièce. À partir de 1976, emprisonnements, interdictions de publier, nouvelle émigration massive à l’Ouest témoignent du désir irrépressible des écrivains de la RDA de retrouver, au-delà de la littérature programmée, les drames de la conscience déchirée et les problèmes de la personne.

Litterature de la RFA

Dès le début des années 1950, le problème de l’expression revient au cœur des débats sur la création artistique. C’est l’époque où l’on revendique comme des maîtres Hermann Broch et Robert Musil. Des poètes comme Wolfdietrich Schnurre cherchent à redonner à la poésie sa pureté. Personne cependant n’esquive deux thèmes fondamentaux : le sentiment d’angoisse qui étreint la jeunesse malgré la prospérité économique, et la séparation de l’Allemagne en deux États.

À partir de 1960, la guerre et l’immédiat après-guerre cessent d’être des thèmes privilégiés. Si le passé continue à hanter les écrivains, ceux-ci font, dans une société nouvelle, d’autres expériences et cherchent notamment à mettre en rapport le monde de l’art et le monde du travail.

À partir de 1968, on assiste chez de jeunes écrivains à la création d’une sorte de contre-littérature, à la suite de l’Autrichien Peter Handke, qui dénonce l’artifice de toute œuvre prétendant dévoiler la réalité et qui finit par remplacer certains mots par des hiéroglyphes, laissant au lecteur le soin de les déchiffrer.

Le marché littéraire de la RFA se trouve submergé d’autobiographies, de biographies imaginaires, de correspondances, de journaux. Les vies d’artistes disparus ou de personnalités historiques (Ovide, Wolfram von Eschenbach, Charlotte Corday, Brentano, Kleist) incitent à d’audacieuses assimilations à nos pulsions contemporaines, et avec succès.

Depuis l’unification en 1990- 1991

Avec la chute du mur de Berlin en 1989 et l’unification des deux Allemagnes entre 1990 et 1991, bien des problèmes se posent aux écrivains de l’ex-RDA, objets de polémiques vives et souvent injustes, prenant parfois des allures de chasse aux sorcières, d’autant que toutes les institutions de l’ancien régime socialiste tels que les maisons d’édition, les réseaux de librairies, les bibliothèques des associations de jeunesse et des syndicats sont démantelées.